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QUEL TYPE DE
MARIONNETTES CHOISIR ?
On
peut en gros distinguer quatre grandes catégories de
marionnettes avec bien sûr des variantes. Sans une raison
particulière, il n'est pas souhaitable de les mélanger
dans un spectacle, notamment de méler les manipulations par le
haut et par le bas.
LES MARIONNETTES A
GAINE : (Modèle le
plus connu
: Guignol). La gaine doit être indépendante de
l'habit,
à la limite jetable. La tête peut être
en tissus
intégrée à la gaine, comme une sorte
de
poupée chiffon, ou rapportée : Une boule en bois
ou
polystyrène. Elle peut être sphérique
ou de forme
différente : ampoule, poire... Les marionnettes
professionnelles
sont la plupart du temps en bois sculpté. Il est possible
d'utiliser le rouleau de carton à l'intérieur des
rouleaux de papier hygiénique. Une fois recouverts de
feutrine
le résultat, s'il est d'une qualité
inférieure
à une marionnette en bois est assez surprenant.
LES MAROTTES
: Manipulées avec un bâton.
Les habits peuvent être réalisés en
toutes sortes
de matériaux. Je classe dans cette catégorie les
marionnettes dont les bras sont dirigés par des tiges.
Leur fabrication est très semblable.
LES MARIONNETTES À FILS
: Cette catégorie, bien
que probablement la plus spectaculaire, est quasiment inabordable avec
des enfants à cause du temps nécessaire
à la
construction qui est très longue. Une variante de ces
marionnettes est la marionnette à tringles. Les fils sont
simplement remplacés par des tringles en fer, plus lourds et
moins souples. L'utilisation de ces marionnettes très
répandues il y a quelques siècles est aujourd'hui
très rare, sauf dans certains pays qui ont
été un
temps sous la domination des Habsbourg et essentiellement pour
représenter des histoires de chevalerie. Quelquefois une
seule
tringle soutient la marionnette par la tête et les membres
sont
manipulés par des fils.
LES OMBRES CHINOISES :
On n'y pense pas
forcément, mais c'est de la marionnette. En tous cas, il y a
là matière à un travail
très
intéressant avec des enfants, que ce soit en
réalisant
des silhouettes en carton plein, ou ajourées et remplies de
papier cristal de toutes les couleurs. Si j'aime voir un spectacle
d'ombres, je n'ai cependant qu'une modeste compétence en ce
domaine que je préfère laisser aux spécialistes.
Il m'est arrivé d'en faire en colonie de vacances ou d'en
introduire dans un spectacle.
MONTAGE
D'UN SPECTACLE DE A à Z
Monter de toutes pièces un spectacle de marionnettes avec
des
enfants n'est pas une chose facile. Même après
plusieurs
années de métier, on se heurte à des
difficultés auxquelles on n'aurait pas pensé. Si
elles
sont sans commune mesure avec celles rencontrées pour monter
un
spectacle professionnel, où il y a parfois
matière
à s'arracher les cheveux, elles peuvent, si on n'y prend pas
garde, mettre des heures de travail par terre. Cependant, un minimum de
logique et d'organisation devrait permettre d'éviter
beaucoup de
bavures et d'écueils.
LE CHOIX DE
L'HISTOIRE.
La première question à se poser est de savoir que
monter.
Le choix de l'histoire est primordial. Il est important qu'il soit fait
sinon par les enfants, du moins en accord avec eux. S'il est naturel de
prévoir au départ que chacun construise sa
marionnette,
il faut admettre que certains enfants ne seront pas
intéressés par le coté manipulation.
La grave
erreur serait de forcer ces enfants-là à jouer la
comédie à contrecœur. On peut presque
être
certain qu'ils seront la source des perturbations les plus diverses.
Or, j'ai pu constater que ces éléments sont
souvent de
merveilleux techniciens ou accessoiristes. Inconsciemment ils
assimilent les rôles de chacun de leurs camarades et que
survienne une absence le jour J, ils sont parfaitement capables de
remplacer n'importe lequel d'entre eux au pied levé. Il faut
de
toute façon bien se dire que ce serait un formidable hasard
si
le nombre de personnages était exactement celui des enfants,
et
à plus forte raison si les personnages féminins
et
masculins étaient répartis "pile poil. "
LA
RÉPARTITION DES RÔLES
L'autre grand dilemme, c'est de savoir qui fait quoi. On peut parier
sans risque que si c'est Blanche Neige qui est choisie, toutes les
filles voudront être Blanche-Neige. Il n'y a pas beaucoup de
solutions autres que de trancher dans le vif. Lorsque je rencontre ce
genre de problème, j'explique aux enfants que le nom de la
vedette qui est en gros sur l'affiche de cinéma n'y serait
même pas s'il n'y avait pas les autres acteurs, les
figurants,
les techniciens et quelqu'un pour balayer le plateau et que c'est ce
tout qui fait la réussite ou l'échec d'un film.
Cela aide
déjà ceux qui inévitablement se
sentiront
lésés à prendre conscience de
l'importance du plus
petit élément dans le spectacle.
Généralement, j'en profite pour dire que le
premier
rôle sur qui repose le spectacle est aussi le plus dur et que
tout le monde l'attend au tournant. Presque aussitôt le
nombre de
candidats au premier rôle fond comme beurre en
poêle. Et
s'il reste un choix à faire, je fais écrire
à
chacun son nom sur un papier et c'est le tirage au sort. Je n'ai pas le
souvenir d'une expérience qui se soit mal passée
à
ce niveau. S'il est évident que c'est l'adulte qui doit
avoir le
dernier mot, il faut à tout prix éviter qu'un
enfant ait
l'impression d'être "victime" d'une décision
arbitraire
qu'il ressentira inévitablement comme injuste.
LE
DÉCOUPAGE DU SCÉNARIO
C'est une des grandes difficultés. Il est quasiment
impossible
de respecter textuellement une histoire. Soit l'histoire
serait à rallonge ou au contraire trop
simplifiée.
Il faut adapter le texte aux acteurs et ne retenir que les grandes
lignes. Les actions doivent être nettes. J'ai un jour lu un
article disant que la marionnette pour sourds serait l'idéal
à ce niveau. Quant aux narrateurs et voix off, il faut les
limiter au strict nécessaire et se contenter du fameux il
était une fois... Encore est-il
préférable que ce
rôle échoie à une marionnette (pourquoi
pas une
grand-mère tenant un livre dans les mains qui semblerait
raconter l'histoire au public ?) Ce genre de rôle fait le
bonheur
des trous à boucher dans le nombre de personnages.
Dans un spectacle de marionnettes, ce sont elles qui parlent, pas un
animateur planté devant le castelet et qui polarisera
l'attention du public au détriment de ce qui se passe en
scène. Ou au contraire, pour une raison qui peut nous
échapper totalement (pas besoin d'une expérience
à
barbe blanche pour savoir que les enfants ne raisonnent pas comme nous)
la seule présence de ce récitant
exaspérera le
public et mettra tout par terre. La récitation
illustrée
n'est pas plus envisageable. Avec les enfants nombreux, elle
entraîne inévitablement le chahut.
Les répliques doivent être courtes pour
éviter trous de mémoire et blancs qui
amèneraient inévitablement le
décrochage du public
et décontenanceraient les acteurs.
ORGANISATION
DE L'ATELIER
Les lignes qui suivent sont un extrait de la documentation que j'envoie
(principalement aux écoles) lorsqu'on me demande des
renseignements sur l'atelier de construction. Je la laisse
volontairement telle que, il est évident que l'organisation
scolaire n'est pas nécessairement la meilleure en Centre de
Vacances, et qu'elle change avec le type de marionnettes choisi.
COMMENT SE PASSE
L'ATELIER DE CONSTRUCTION DE MAROTTES.
Tous les matériaux sont distribués et
installés de
façon à être facilement accessibles. Il
importe de
veiller à ce que toutes les conditions de
sécurité
soient réunies.
Chaque enfant reçoit un socle de travail
numéroté
qui lui servira à maintenir la marionnette pour les
opérations de peinture, un bâton, un nez, et une
boule de
bois.
Bâton et nez sont chanfreinés pour enlever
toutes
les
bavures de coupe et assemblés.
Première couche de peinture. Séchage.
Réalisation de la chevelure de la marionnette.
Deuxième couche de peinture. Séchage.
Choix des tissus, marquage des noms sur une
étiquette
collée sur l'habit (très important !)
Choix des accessoires si séchage non fini.
Peinture du visage de la marionnette.
(Généralement, on
en est là à midi)
Finition des détails du visage si ce n'est pas
fini et choix
des
accessoires tels que bonnets.
Réalisation des couronnes,
lances,
chapeaux de pirates etc.
Assemblage de la marionnette, fixation des accessoires
divers.
Essais et manipulation.
Tout au long des diverses étapes, il est
important que les
enfants sachent pourquoi on procède de telle
façon,
pourquoi on utilise telle colle, comment on calcule les
quantités nécessaires etc. , les diverses options
qui
s'offrent, les avantages, les inconvénients. Je leur parle
également des divers types de marionnettes existant et de
leurs
différences. En fonction de leur âge et dans la
mesure du
possible, j'essaie de faire un parallèle entre ce qu'ils
apprennent (en calcul par exemple, lors des diverses
opérations
de traçage ) et l'application pratique dans ce qu'ils sont
en
train de faire.
Les temps de récréation sont respectés
et mis
à profit pour préparer l'étape
suivante.
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